De Chambéry à Turin : le road trip des Rois d’Italie

Voiture décapotable vintage sur la route du col du Mont-Cenis avec vue sur le lac turquoise, illustrant un road trip historique de la Maison de Savoie.

As-tu déjà eu cette sensation, en traversant les Alpes par un tunnel sombre et interminable, de passer à côté de quelque chose ? De sentir que les sommets majestueux que tu devines au-dessus de ta tête cachent des secrets, des histoires et des paysages que l’asphalte te vole ? J’ai longtemps ressenti cette frustration. Jusqu’au jour où j’ai décidé de transformer ce simple transit en une véritable exploration. C’est comme ça qu’est né ce road trip, sur les traces des Ducs de Savoie devenus Rois d’Italie. Un itinéraire qui relie Chambéry à Turin, non pas par le chemin le plus court, mais par le plus beau et le plus riche.

Le piège du voyageur pressé : pourquoi vous manquez l’essentiel

Le problème est simple et nous sommes nombreux à y être tombés. L’objectif, c’est « l’Italie ». On pense Rome, Florence, les Cinque Terre. Les Alpes ne sont alors qu’un obstacle, une barrière géographique à franchir le plus vite possible. On s’engouffre sur l’autoroute A43, on paye un péage exorbitant pour le tunnel du Fréjus, et on en ressort 13 kilomètres plus loin, en Italie certes, mais sans avoir rien vu, rien ressenti. On a coché une case, mais on a raté une aventure.

Ce trajet « efficace » est en réalité un appauvrissement de l’expérience. Tu passes à côté de l’histoire même de la région. Car avant d’être la première capitale de l’Italie unifiée, Turin était la capitale du Duché de Savoie, dont la première capitale… était Chambéry. Ces deux villes sont les deux faces d’une même pièce, reliées par des siècles d’histoire, de pouvoir et d’échanges à travers ces montagnes que tu te contentes de traverser. Ignorer ce lien, c’est lire un livre en sautant le premier chapitre. Tu comprends l’intrigue, mais tu perds toute la saveur de sa mise en place.

La Voie Royale : l’itinéraire qui transforme le voyage

La solution est de réhabiliter la route elle-même. D’en faire une destination à part entière. Oublie le tunnel et l’autoroute. Pense « Route Nationale » et « Col de montagne ». Je te propose un itinéraire en 3 étapes qui suit la progression historique de la Maison de Savoie, de son berceau français à son apogée italienne. Un voyage qui te fera aimer les virages, les panoramas et les villages oubliés.

Étape 1 : Chambéry, le berceau des Ducs

Tout commence ici, dans la discrète mais charmante préfecture de la Savoie. Avant de prendre la route, imprègne-toi de l’atmosphère de cette ville qui fut le cœur politique du duché pendant des siècles. Flâne dans les traboules de la vieille ville, ces passages couverts qui rappellent ceux de Lyon. La véritable star, c’est le Château des Ducs de Savoie. Ne te contente pas de l’admirer de l’extérieur. La visite guidée te plonge dans l’histoire du Saint-Suaire (qui y fut conservé pendant des décennies avant de rejoindre Turin) et te fait comprendre la puissance de cette dynastie.

Mon anecdote personnelle : La première fois que j’ai visité ce château, je ne m’attendais à rien de spécial. Et puis, au détour d’une salle, le guide nous a montré une immense carte murale représentant les « États de Savoie » à leur apogée. Je fus stupéfait de voir ce territoire à cheval sur la France, l’Italie et la Suisse actuelles. J’ai réalisé à quel point notre vision moderne des frontières est réductrice. C’est ce jour-là que l’idée de ce road trip a germé.

  • À ne pas manquer : La Fontaine des Éléphants, la Cathédrale Saint-François-de-Sales et une dégustation de vermouth local, une tradition partagée avec Turin !
  • Durée conseillée : Une demi-journée à une journée complète.

Étape 2 : La Traversée Majestueuse par le Col du Mont-Cenis

C’est ici que l’aventure commence vraiment. Au lieu de suivre les panneaux bleus de l’autoroute vers le tunnel, prends la direction de la vallée de la Maurienne par la départementale. La route est belle, longeant l’Arc. Passé Modane, la montée vers le Col du Mont-Cenis débute. Chaque virage en lacet est une promesse, dévoilant un paysage de plus en plus alpin.

Et puis, tu arrives au sommet, à 2083 mètres d’altitude. Le spectacle est à couper le souffle. Un immense lac d’un bleu turquoise irréel, entouré de sommets encore enneigés même en début d’été. C’est un lieu chargé d’histoire : Hannibal et ses éléphants seraient passés par là, Napoléon y a fait construire une route… Prends le temps. Arrête-toi, sors de la voiture, respire l’air pur. Il y a une petite chapelle, un jardin alpin. C’est l’antithèse absolue du tunnel : un lieu de contemplation, pas de transit. La descente côté italien, vers Suse, est tout aussi spectaculaire. Tu verras, cette traversée n’est pas une perte de temps, c’est le point d’orgue de ton voyage. Pour te donner une idée de la beauté de la route, jette un œil à ce filmé par un passionné.

Le conseil du pro : Déjouer le piège de la ZTL à Turin

Turin, comme beaucoup de villes italiennes, possède une « Zona a Traffico Limitato » (ZTL) dans son centre historique. Y entrer sans autorisation avec ta voiture, même pour quelques secondes, déclenche une caméra et t’assure une amende salée (souvent plus de 100€) que tu recevras des mois plus tard à la maison. Le piège est redoutable pour les non-initiés.

L’astuce : Si ton hôtel est dans la ZTL, contacte-le IMPÉRATIVEMENT avant ton arrivée. Ils peuvent enregistrer ta plaque d’immatriculation auprès des autorités pour une durée limitée, te permettant d’accéder à ton logement sans être verbalisé. Sinon, la meilleure solution est de se garer dans un des nombreux parkings souterrains situés juste en lisière de la ZTL (comme le parking Vittorio Veneto) et de finir à pied. Le centre de Turin est très compact et se découvre merveilleusement bien sans voiture. C’est une précaution simple qui te sauvera de bien des tracas, crois-moi ! Pour en savoir plus, de nombreuses ressources expliquent le fonctionnement de ces zones, comme le prouve cette documentation officielle sur les ZTL en Italie.

Étape 3 : Turin, l’Élégante Capitale Royale

Après la nature brute des Alpes, l’arrivée à Turin est un contraste saisissant. Oublie l’image d’une ville industrielle grise. Turin est une splendeur baroque, une capitale à l’élégance discrète, avec ses 18 km d’arcades, ses places royales et ses cafés historiques. C’est ici que tu vas voir l’aboutissement de la puissance de la Maison de Savoie.

L’héritage royal au cœur de la ville

Le pouvoir des Savoie est inscrit dans la pierre de la ville. Le « Polo Reale » regroupe un ensemble de musées et de palais absolument incroyables.

  • Le Palazzo Reale : La résidence officielle, opulente et parfaitement conservée. On se sent tout petit en déambulant dans la salle du trône ou l’Armurerie Royale, l’une des plus riches d’Europe.
  • Le Palazzo Madama : Mon préféré. C’est un résumé de l’histoire de la ville. Une porte romaine, un château médiéval et une façade baroque fastueuse. La vue depuis ses tours est imprenable.
  • Les Résidences Royales : L’ensemble des résidences de la Maison de Savoie est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, et pour cause. Si tu as le temps, sors un peu de la ville pour visiter le pavillon de chasse de Stupinigi ou la Reggia di Venaria, le « Versailles » piémontais.

L’âme de Turin au-delà des palais

Mais Turin ne se résume pas à son passé royal. C’est une ville qui vibre. C’est le berceau de l’industrie automobile italienne (le musée de l’Automobile est fantastique) et du cinéma (le Musée du Cinéma, logé dans l’incroyable Mole Antonelliana, est l’un des meilleurs au monde).

C’est surtout la capitale de l’aperitivo. Vers 18h, les bars de la ville se remplissent. Commande un verre (un vermouth de Turin, un Spritz…) et tu auras accès à un buffet généreux, souvent délicieux. C’est bien plus qu’un apéritif, c’est un véritable rituel social et une excellente façon de dîner à moindre coût.

Enfin, Turin est une ville pour les gourmands. Le Piémont est le berceau du mouvement Slow Food. Goûte aux agnolotti del plin, à la truffe blanche d’Alba si c’est la saison, et surtout, au Bicerin, une boisson chaude à base de café, de chocolat et de crème, servie dans le café historique éponyme depuis 1763. La gastronomie piémontaise, comme le prouvent de nombreux guides spécialisés, est l’une des plus raffinées d’Italie.

Votre Road Trip de Chambéry à Turin en Pratique

Quand partir ?

Sans hésitation, de fin mai à début octobre. La raison est simple : c’est la période d’ouverture garantie du Col du Mont-Cenis. En dehors de ces mois, il est fermé pour cause de neige, et tu serais contraint de te rabattre sur le tunnel, perdant tout l’intérêt du voyage. L’été offre des journées longues et un lac magnifique, tandis que le début de l’automne pare les montagnes de couleurs flamboyantes.

Quel budget prévoir ?

Ce road trip est assez modulable. Voici une estimation par personne pour un voyage de 4 jours / 3 nuits :

  • Transport : Compte environ 50-70€ de carburant pour l’aller-retour. Le gros avantage est que tu économises le péage du tunnel du Fréjus (environ 50€ pour un aller simple !).
  • Hébergement : Très variable. Tu trouveras des B&B de charme autour de Suse pour 70-90€ la nuit, et des hôtels très corrects à Turin pour 80-120€ la nuit.
  • Nourriture : Prévois 40-60€ par jour. L’astuce de l’aperitivo permet de bien manger le soir pour le prix d’un ou deux verres (10-15€).
  • Visites : Le Pass Musées de Turin peut être une excellente option si tu prévois de visiter plusieurs sites. Compte environ 30-50€ pour les entrées principales.

Budget total estimé : Entre 350€ et 550€ par personne pour 4 jours.

Combien de temps consacrer à ce voyage ?

Je te conseille de prévoir au minimum 3 jours pleins, idéalement 4 ou 5 pour vraiment en profiter sans courir.

  • Jour 1 : Visite de Chambéry le matin et montée tranquille au Col du Mont-Cenis l’après-midi, avec une nuit dans un village de la vallée de Suse.
  • Jour 2 & 3 : Exploration de Turin. Un jour pour le pôle royal, un autre pour les autres musées, l’ambiance des quartiers et la gastronomie.
  • Jour 4 (optionnel) : Excursion dans les environs de Turin (Reggia di Venaria) ou retour tranquille par une autre route alpine.

Questions Fréquentes (FAQ)

Quelle voiture est nécessaire pour ce road trip ?

Aucun 4×4 n’est requis. N’importe quelle voiture en bon état peut faire l’affaire. La route du col est bien entretenue, large et pas particulièrement difficile. Le plus important est d’avoir des freins en bon état pour la longue descente côté italien.

Le Col du Mont-Cenis est-il dangereux à conduire ?

Pas du tout, si tu es un conducteur normalement prudent. La route est bien sécurisée. Il faut simplement adopter une conduite de montagne : ne pas couper les virages, utiliser le frein moteur en descente et surtout, prendre son temps pour admirer le paysage. Ce n’est pas une course !

Turin est-elle une ville chère comparée à d’autres villes italiennes ?

Non, c’est l’un de ses grands avantages ! Turin est généralement plus abordable que Rome, Florence ou Milan, que ce soit pour l’hébergement, la nourriture ou les boissons. L’aperitivo est un exemple parfait de l’excellent rapport qualité-prix qu’on peut y trouver.

Peut-on faire ce road trip en hiver ?

L’itinéraire spécifique par le Col du Mont-Cenis est impossible en hiver, car le col est fermé. Tu devrais obligatoirement passer par le tunnel du Fréjus. Cependant, Turin est une excellente destination en hiver, notamment pendant la période de Noël avec ses magnifiques illuminations (« Luci d’Artista »).

Comment ( 1 )

  • spicybetbr4

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